Villages des Pays de Flandre - Nord



    

    Divisé en cinq micro pays, le Nord se visite en plusieurs jours. Ce département s'étale d'ouest en est, de sa façade maritime appelée Côte d'Opale jusqu'à la Flandre intérieure pour atteindre les régions du Hainaut et de l'Avesnois.

    Au nord ouest, au coeur des Flandres, c'est un territoire presque totalement plat parsemé de quelques petits monts. Le sud-est se compose de collines verdoyantes atteignant les massifs ardennais.

Cassel (Photo Jean-François Clarisse) : édifié sur les pentes du Mont Cassel qui domine la plaine flamande, la cité a vécu une histoire mouvementée. Avec sa grand place, ses carnavals et ses estaminets, la bourgade s'impose comme l'une des plus séduisantes du nord de la France. Le bourg doit son cachet à son architecture flamande. Sa grand place triangulaire est bordée d'hôtels particuliers. L'hôtel de la Noble Cour qui abrite le musée départemental de Flandre, en constitue le joyau. La grand place est dominée par l'ancienne église jésuite et par la collégiale Notre Dame, hallekerque ou église halle à trois nefs du XIe siècle, rebâtie au XVIe siècle, puis restaurée en brique. Autre curiosité du bourg, la maison Guillaume de Rubrouck retrace le voyage vers la Mongolie entrepris par ce franciscain au XIIIe siècle. Une visite s'impose également dans un des estaminets typiquement nordiques qui proposent des jeux traditionnels et une restauration à base de produits locaux.
http://www.ot-cassel.fr
Boeschèpe (Photo David Edgar) : sur un immense territoire, le grès apporte une touche originale aux façades en brique. Il vient de l'abbaye du mont des Cats qui domine le bocage. Au coeur du village ancien émerge une église assez haute pour permettre de repérer l'arrivée des ennemis. Quelques collines plus loin, on trouve le moulin à vent bâti en bois, son four à pain et l'estaminet communal. Des circuits balisés aident les randonneurs à grimper jusqu'à l'abbaye pour y déguster le délicieux fromage affiné par les moines.
http://www.boeschepe.org

Wallers en Fagne (Photo Jacques Dacos) : aux confins du massif ardennais, ce village appartient au pays de la Fagne qui désignait à l'origine des tourbières ou marais situés dans les dépressions topographiques du plateau ardennais. Le bourg s'est implanté au pied d'une colline calcaire sur la rive gauche d'une rivière. L'habitat regroupé forme un village rue caractéristique qui s'étire d'ouest en est. Les maisons qui datent du XVIIe au XIXe siècle sont généralement bâties en retrait de la rue et précédées d'une platebande engazonnée qui correspond aux anciens usoirs utilisés jadis pour stocker le bois et le matériel agricole. Les constructions sont réalisées en pierre calcaire grise extraite dans les affleurements rocheux voisins. 
http://www.wallers-en-fagne.fr
Esnes (Photo Françoise Lévêque) : niché au milieu des vastes plaines céréalières, le village s'étire sur les deux rives d'un petit affluent de l'Escaut, pompeusement baptisé le Torrent d'Esnes. Le site abritait déjà un campement dans l'antiquité, et l'on peut encore voir près de l'église du XIIe siècle, les vestiges de deux tombes mérovingiennes datant de la première dynastie des Francs. Sur la rive opposée se dresse le château du village. Il a conservé son apparence féodale avec ses deux tours du XVe siècle qui encadrent l'entrée et sa grosse tour crénelée des XIIIe et XIVe siècles que prolonge la tourelle de l'horloge. Le château est ouvbbc9b81eert au public à la belle saison.

Esquelbecq : situé près de l'Yser, il s'agit d'un village typiquement flamand qui a conservé tout son charme d'antan, avec sa grande place pavée, ses maisons basses du XVIIe siècle et son église halle du XVIe siècle à trois nefs. Le château en briques roses et jaunes, classé monument historique, est dominé de la tour de guet de près de 45 mètres et entouré de douves qu'alimentent l'Yser. Il est malheureusement fermé au public mais sa façade et son magnifique jardin à la française peuvent être admirés depuis la place. Les concours de tir à l'arc organisés en certaines occasions sur la place Bergerot perpétuent une tradition qui remonte au moyen âge.
http://www.esquelbecq.com
Rubrouck (Photo Jacques Dacos) : ce village de la Flandre intérieure ou Houtland, se tapit dans une molle ondulation de la plaine argileuse et de l'immense platitude des polders de la Flandre maritime vers le nord. A une dizaine de mètres de l'église, la motte féodale entourée de fossés remplis d'eau de la seigneurie de Belhof est l'un des plus caractéristiques de ces ouvrages défensifs si nombreux en Flandre. Le presbytère et un peu plus loin une ferme flamande typique, aux bâtiments non jointifs, sont implantés de la même façon. L'église paroissiale domine l'ensemble formé par la motte féodale et le village.

Liessies (Photo Jacques Dacos) : l'histoire du village est étroitement liée à celle de son abbaye. La légende raconte qu'à l'époque carolingienne, un certain Wibert chassant le sanglier dans la forêt qui borde la vallée de l'Helpe, fut séduit par la beauté et l'isolement du site. De l'abbaye détruite à la révolution, subsistent quelques constructions annexes dispersées autour de l'église paroissiale qui date du XVIe siècle. Un circuit pédestre permet de découvrir en bordure de l'Helpe, un paysage créé par les moines aux XVIIe et XVIIIe siècles, après d'importants travaux d'aménagement hydraulique.  Au sud de l'église, les maisons qui s'alignent forment un village rue. Les constructions anciennes à un étage, présentent des façades de pierre et brique et des toitures d'ardoise. Au sud ouest du village, trois étangs s'étagent entre des coteaux boisés. A noter qu'à chacune des sorties du village, axées sur les quatre points cardinaux, on trouve une chapelle en pierre bleue érigée au début du XVIIIe siècle.
West Cappel (Photo Jacques Dacos) : à la limite de la Flandre maritime et de la Flandre intérieure, les village est né au moyen âge autour d'une chapelle dédiée à St Sylvestre. Ce village typiquement flamand se resserre autour de son église. Construite en brique de sable aux nuances jaunes, l'église qui a remplacé la chapelle primitive date du XVIe siècle. Sur la façade occidentale, s'élève une belle tour coiffée d'une flèche et épaulée par des contreforts à ressauts. La promenade autour de l'église permet d'observer les détails de l'architecture rurale flamande. L'imbrication de la brique jaune et de la brique rouge orne de dessins les pignons. Face à l'église, au fond du parc, le château de la Briarde dont l'origine remonte au XVe siècle, fut rebâti au XVIIIe siècle : implanté sur une motte quadrangulaire, il a conservé ses douves.

Herzeele (Photo Jacques Dacos) : les haies sont tirées au cordeau, les façades fleuries et restaurées à l'identique. La brique fauve, prune, ocre ou jaune est cernée de joints apparents, le toit à pans brisées coiffé de tuiles vernissées. La commune joliment nichée parmi les vergers fait respecter l'esprit des lieux, mais sans rigueur excessive, car le village aime la fantaisie autant que la couleur. Sur la place, la mairie fait face à l'estaminet et aux demeures bourgeoises. Des massifs de fleurs mènent à travers le cimetière, à l'église en briques de sable éclairée d'immenses vitraux.
http://www.herzeele.fr
Eecke (Photo Jacques Dacos) : le village se rassemble sous des toits de pannes rouges très pentus : on y voit encore un moulin, un pigeonnier dans un pré, des maisons basses, des fenêtres à petits carreaux et plusieurs pignons garnis de runes. Des briques de tous les tons habillent les trois nefs de l'église, vouée à la Vierge, d'où les couleurs dominant à l'intérieur, blanc et bleu. Une église séparée de son clocher de bois, qui trône bien à part ... au milieu du cimetière, vaut néanmoins le détour.

Noordpeene : au pied des premières ondulations qui s'élèvent progressivement vers le mont Cassel, le village doit son nom à un petit affluent de l'Yser, la Peenebecque qui contourne une colline basse appelée le Tom. Le village forme une longue rue axée sur l'église. Sur un côté s'alignent les façades en brique de maisons basses du XVIIIe siècle. En vis à vis, la rue est bordée sur son côté droit par le parc boisé du château de la Tour. Par l'allée d'accès, on peut apercevoir à travers les frondaisons les douves qui entourent le château reconstruit au XVIIIe siècle, en remplacement d'un édifice plus ancien. Autour de l'église se regroupent plusieurs maisons anciennes construites sur une motte entourée de fossés remplis d'eau.
http://www.noordpeene.com
Maroilles (Photo Jean-François Debève) : épargné par les dernières guerres, ce village avec ses murs de brique ou de pierre bleue et ses toits d'ardoise possède un charme nostalgique qui séduit les visiteurs aussi sûrement que les vestiges de son abbaye et la saveur de ses fromages. Il faut commencer à découvrir ce village en entrant comme jadis par le pont à vannes du moulin. Par l'escalier Vert de Gris, il faut grimper vers le site abbatial entre deux murets de brique rose. Le clocher de l'église paroissiale se profile derrière la place Verte. La mairie du village occupe le bâtiment de l'ancien baillage. Sur la façade, une sculpture s'encadre dans un élégant cartouche à volutes. Le moulin de l'abbaye est implantée en bordure de l'Helpe mineure. Cette belle construction de brique à chaînages de pierre fut édifiée en plusieurs campagnes entre les XVIe et XVIIIe siècles. A noter la superbe maison du Parc régional de l'Avesnois installée dans l'ancienne grange dîmière de l'abbaye.
http://www.maroilles.com

Sebourg : situé aux portes du parc naturel régional de l'Avesnois, ce village étage ses maisons sur les rives verdoyantes de l'Aunelle. Deux églises médiévales, un château et un moulin toujours en activité font du village l'un des lieux les plus attachants du Valenciennois. De vastes fermes à cour carrée du XVIIIe siècle, en brique et en pierre, sont pour certaines surmontées d'un colombier. Entouré d'un beau parc boisé, le château a été construit entre 1802 et 1806. L'édifice de plan rectangulaire est apparenté en pierre calcaire et en brique. D'inspiration néoclassique, il est éclairé par des fenêtres cintrées au niveau du rez de chaussée. L'église St Martin a perdu son clocher pendant la première guerre mondiale mais il a été relevé depuis. Bâti au XIIIe siècle, ce beau sanctuaire profita des dons importants faits par les pèlerins qui venaient se recueillir sur la châsse de St Druon, patron des bergers. Ainsi agrandi et embelli au XVIIe siècle, il est aujourd'hui le véritable joyau du village. L'Aunelle serpente à travers le village. En bordure du cours d'eau, s'élève un beau moulin à farine toujours actif.
Solre le Château : situé près de la frontière belge, ce petit bourg semble perdu en pleine campagne. Au coeur du Solrézis, souvent appelé "la Petite Suisse du Nord" pour ses prairies vallonnées, le village attire les amateurs de tourisme vert. Malgré son nom, Solre ne possède plus de château qui a été détruit durant la révolution. Ce petit bourg tranquille possède cependant quelques beaux édifices qui lui donnent tout son cachet. Construite en pierre bleue au XVe siècle grâce à la levée d'un impôt sur la bière, l'église St Pierre fut reconstruite après un incendie en 1611. Avec sa tour beffroi et son clocher à bulbe où se tenait jadis un guetteur, elle devint rapidement l'âme du village. Sa verticalité défaillante date probablement du XVIIIe siècle. Situé tout comme le sanctuaire, sur la Grand Place, l'hôtel de ville de style renaissance datant de 1574, déroule majestueusement ses fenêtres en plein cintre. Il servait autrefois de halle aux draps, et l'on peut voir sur ses façades plusieurs inscriptions recommandant aux marchands la modération et l'équité. Dotée également de maisons des XVIIe et XVIIIe siècles, la Grand Place a belle allure.
http://www.solrelechateau.com

Eppe Sauvage (Photo J.P. Poiret) : au coeur de cette région qui évoque déjà la Thiérache, les maisons couvertes d'ardoises émergent du bocage et la brique, qui habille la plupart des façades, éclate de sa couleur rouge soutenue. Environné de forêts, le village a prit profit de sa matière première et nombre de sabotiers ont travaillé ici. Le village dispose également d'un passé sidérurgique intéressant grâce aux premières forges installées au XVIe siècle. Le centre du village baptisé la Place est dominé par l'église. C'est une imposante construction datant des XVIe-XVIIe siècles dont le soubassement et les contreforts de pierre se détachent avec vigueur sur les murs de brique. L'ancien presbytère et le bâtiment de la mairie construit en pierre de taille et en brique de 1835 occupent également cet espace constituant le noyau du village.
Bergues (Photo Eric Wanner sur http://chtoric67.canalblog.com) : cette station verte de vacances est en fait une place forte depuis le début du Xe siècle. L’histoire mouvementée de la cité l’a faite appartenir tour à tour aux espagnols (qui occupaient la Flandre) et aux français. Elle a été rattachée à la France par le Traité d'Aix la Chapelle en 1667. Lamartine a été députée de Bergues entre 1833 et 1839. Il s’agit d’une bourgade très agréable, entourée de fortifications d’enceinte, où s’ouvrent plusieurs portes, notamment celle de Cassel (XVIIe siècle) et de Neckerstor (XVIe et XVIIe). La ville est ceinturée d’eaux depuis Vauban. Une abbaye bénédictine y a été créée en 1022. Celle-ci a été abîmée à la Révolution, mais la Tour bleue des XIIe et XIIIe siècles est conservée, ainsi que la Tour pointue reconstruite au XIXe et la porte d’entrée. Détruit par les allemands en 1944, le beffroi à carillon de 39 cloches a été reconstruit en 1960, tout comme  l’église St Martin du XVIe siècle.
http://www.bergues.fr

Steenvoorde : haute de quatre vingt douze mètres, l'église St Pierre est divisée en trois nefs qui sont coupées dans toute leur largeur par un transept aboutissant de part et d'autre à une chapelle latérale. L'ancien presbytère datant de 1664 fait l'objet d'un classement au titre des monuments historiques. Le village conserve également une large place typique du Nord ainsi que son hôtel des Flandres datant du XVIIIe siècle. La commune dispose aussi de plusieurs moulins à vent : le moulin St Arnould, le moulin dit "du Sud" et le moulin dit "du Nord", ces derniers étant inscrits à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. Le village s'est doté enfin d'un atelier musée des Gigottos automates.
http://www.mairie-steenvoorde.fr
Le Quesnoy (Photo Didier Brasselet) : comme perdue au milieu de la campagne, la bourgade apparaît tranquille et sereine. La ville a gardé intact ses remparts représentatifs de l'évolution de l'art de la défense du XVIIe siècle au début du XXe siècle. Au XIIe siècle, Baudoin IV fait construire un château, des fossés et remparts pour protéger la ville qui devient rapidement très prospère grâce à une charte très favorable aux habitants. C'est Vauban qui est chargé de moderniser ensuite les fortifications existantes. Profitant des fossés des remparts, des plans d'eau ont été aménagés initialement pour protéger la ville. Une promenade est possible tout le long des remparts avant de repartir vers le centre-ville en empruntant les petites rues bordées de belles maisons de briques et de pierres, ou de simples maisons basses blanchies à la chaux.
http://www.tourisme-lequesnoy.com

Hondschoote : il faut rappeler qu'ici était la limite de la mer au moyen âge. Sa large grand place, sa "hallekerque", église halle à trois nefs parallèles et son hôtel de ville de style renaissance signent son appartenance à la Flandre, mais la couleur sable de sa brique donne au village les atouts d'une séduction originale. A la sortie du bourg, à noter le plus vieux moulin à vent d'Europe édifié en 1127 si l'on en croit sa gravure.
Bermerain (Photo sur http://commons.wikimedia.org) : lorsqu'on s'attache à l'histoire de la commune, on découvre que celle-ci fut maintes et maintes fois conquise. En effet, la cité a d'abord appartenu au duché de Lorraine de 810 à 1050 puis à celui des Flandres jusqu'en 1425 et ensuite au duché de Bourgogne et à l'empire Charles Quint. Bermerain devient français en 1677 après la conquête de la région par Louis XIV. Autrefois lieu de rencontre, un ancien lavoir du XIXe siècle est construit en grès et en bois. Il est accessible par un escalier de onze marches, et est couvert d'une charpente en bois. Le bassin rectangulaire est peu profond et entouré d'une margelle. L'église Notre Dame de l'Assomption Construite en grès à partir du XIe siècle, est un bel édifice de style roman.

 

Orsinval (Photo Mathieu Hot) : le peintre valenciennois Adrien de Montigny a représenté le village étalé le long de la Rhonelle que barre un joli moulin : le promeneur actuel estimera que le village a su garder, en plusieurs endroits, son pittoresque. Deux sites se distinguent d’ailleurs par leur environnement frais et vert : la chute de l’ancien moulin et, non loin de là, l’ancien lavoir dit "Belle Fontaine". L’église St Nicolas est l’ancienne chapelle d’un couvent, détruit sous Louis XIV. A l’intérieur, on remarque surtout une grande pieta attribuée à un élève de Van Dyck. Mais ce qui fait l’originalité de cette église, c’est son campanile qui, à quelques pas de l’église même, laisse admirer sa cloche et sa charpente. C’est dans ce village qu’aurait été composée la chanson "Malbrough s’en va-t’en guerre" par des soldats français en retraite après la bataille de Malplaquet en 1709, le bruit ayant couru que le général anglais, de son vrai nom Malborough, était mort.
A découvrir également le pittoresque village de Jolimetz.