Villages du Soissonnais, Valois et Marne - Aisne


    
    A l'écart des sentiers battus, le plateau Soissonnais est entaillé de profonds vallons qui cachent les plus beaux villages. Plus au sud, le Valois de François Ier est couvert par la giboyeuse forêt de Retz, véritable cathédrale de verdure aussi vaste que la commune de Paris.

    Sur les pas des peintres appréciant sa lumière, la vallée de la Marne est franchement tourmentée dès qu'elle laisse la vallée pour grimper à l'assaut des coteaux couverts de vignes de Champagne. Elle englobe l'Orxois, le Tardenois et la Brie.

Marigny en Orxois : ce village de caractère comprend de nombreux éléments architecturaux. Au milieu de la place, une superbe halle du XVIIe siècle (une des plus ancienne de France) avec charpente de chêne, agrémente le village. Les façades des maisons encadrant la place sont finement ouvragées et renforcent le décor de charme de cette bourgade hors du temps. L'église Ste Madeleine dispose de chapiteaux d'époque romane historiés. Le château du village d'origine du XIIe siècle et remanié, se cache derrière un mur doublé d'arbres séculaires.
Braine : c'est une ancienne terre d'histoire, au croisement de l'antique voie gauloise puis romaine. Braine reçut très tôt la maison de plaisance des premiers rois mérovingiens et carolingiens. Puis maintes fois perdue et reprise au cours des luttes féodales, elle passa dans l'héritage de la famille de Dreux. Cette branche cadette des Capétiens fortifia le château de la Folie dont la première guerre mondiale n'a laissé que des ruines. Elle construisit le château du bas aujourd'hui disparu dont seuls subsistent les pilastres d'entrée et les cellier. Du moyen âge demeure également une maison à colombages et encorbellement, ainsi que l'église abbatiale de St Yved. Plus au nord, à visiter le village de Vailly s/Aisne.
http://www.braine.fr

Septmonts : dans ce village du Soissonnais, la rénovation des rues permet d'enfouir sous les trottoirs les lignes téléphoniques et électriques. Le village se découvre ainsi avec un oeil neuf : à l'approche du lieu d'ailleurs, l'on distingue parfaitement des pignons à redents et des toits rouges, le pic et le vaisseau d'un donjon du XIVe siècle. Château fantastique, maisons blanches, rues étroites, église gothique, hauts murs de pierre ocre pâle sont les éléments architecturaux de ce village à ne pas manquer. A voir au nord le village de Bucy le Long.
Longpont (Photo J. A.) : situé en bordure de la forêt de Retz, le petit village s'est développé autour d'une abbaye cistercienne fondée par St Bernard au XIIe siècle. Une magnifique porte à tourelles du XIIIe siècle est tout ce qui reste des fortifications de la ville. Partiellement ravagées par un incendie en 1724, l'église et l'abbaye furent progressivement démolies à la révolution. Du grand cloître, il subsiste la galerie sud qui s'ouvre sur le chauffoir.

Chézy s/Marne (Photo Marie M.) : situé au confluent du Dolloir et de la Marne, ce village a gardé une place prépondérante sur le plateau de la Brie Champenoise. Outre les ruines de l'ancienne abbaye St Pierre, jouxtant la mairie, subsistent quelques vestiges du passé : d'anciens murs et tourelles de fortification, une maison du XVe siècle avec galerie et colombages, des abreuvoirs, des caves à deux niveaux, des lavoirs en bois, ... Chaque ruelle empruntée affirme le charme de ce village de caractère, avec ses toits de tuiles plates et ses façades ocres orangées : ces ruelles mènent aux rives aménagées du Dolloir, lieu de promenade apprécié des habitants. A proximité du lavoir animé, l'ancien pressoir fleuri rappelle le côté viticole du bourg. A voir encore l'église St Martin et la Cour des Tournelles, ancien fief seigneurial avec logis remanié du XVIe siècle.
Berzy le Sec (Photo Kurt Deman) : ce petit village perché sur un promontoire à flanc de coteau, domine la vallée de la Crise. Riche d'un patrimoine historique classé, il constitue une halte privilégiée dans le département de l'Aisne. Du château fort construit au XIVe siècle subsistent le châtelet d'entrée, s'encadrant entre deux tours circulaires à mâchicoulis, des éléments du logis et la chapelle du XVIe siècle. Actuellement une poignée de bénévoles s'efforcent de restaurer et redonner vie au château. Diverses constructions utilitaires s'élèvent dans la cour du château dont l'ancien four à pain. Les pignons "à pas de moineaux" de plusieurs maisons du village révèlent l'influence de la tradition architecturale flamande. Le village compte aussi une belle église de transition romano-gothique, à l'élégant portail roman ainsi que deux remarquables polissoirs monolithiques, situé à la pointe des Roches, à l'extrémité du territoire communal.

Condé en Brie (Photo Jean-Pierre Duburcq) : situé dans une cuvette où se rejoignent la Dhuys et le Surmelin, ce village est célèbre pour son château qui fut une possession des princes de Condé. Très vivante, cette petite cité a conservé tout son caractère. Anciennement fortifié, le bourg concentre dans un périmètre restreint de magnifiques halles du XVe siècle, la mairie qui leur est accolée, l'église St Rémi, édifice gothique flanqué d'un clocher roman, l'ancien couvent de l'ordre de Picpus et de nombreuses demeures des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles dont celles, situées place des Rétifs, qui abritaient le siège de la justice seigneuriale et celui de la police. Enfin, les rives des deux cours d'eau, très prisées par les pêcheurs, offrent de magnifiques promenades et de beaux points de vue sur la petite cité, tout à la fois paisible et dynamique.
http://www.tourismecondeenbrie.com
Vic s/Aisne (Photo et Texte Miguel Bravo) : ce village qui domine du haut de son éperon rocheux le passage de l'Aisne est séduisant à plus d'un titre avec son château, sa façade et son donjon classés, ses douves qui forment un bel ensemble défensif des XVIe et XVIIe siècles. L'église Notre Dame date du début du XIIe siècle et a dû être abondamment restaurée après 14-18, la région ayant été assez châtiée.

La Ferté Milon (Photo Cabinet CAEG) : la ville haute, patrie du poète et écrivain Jean Racine, cernée jadis de remparts dont il subsiste des vestiges, rejoint en contrebas les bords de l'Ourcq. Deux tours ruinées y font office de poterne. Plus loin, une autre en parfait état marque la maison où naquit Marie Héricart, épouse de Jean de la Fontaine, unis en la belle église Notre Dame bâtie au XVIe siècle avec son portail plus ancien du XIIe siècle. Ce bourg aujourd'hui paisible aurait certainement connu un destin plus glorieux si son château gigantesque n'était resté inachevé à cause de la guerre de Cent Ans. La façade de celui-ci mesure plus de cent mètres de longueur. Son portail d'entrée qu'encadrent deux tours en éperon, est surmonté d'un haut-relief représentant le couronnement de la Vierge. A noter la présence, dans une ancienne ferme de la ville basse, du musée régional du machinisme agricole.